Pourqu'en F.I.S.H. ?
F.I.S.H.
Front d’Intervention pour la Sauvegarde Halieutique
Vous allez vous demander, mais pourquoi aurions nous besoin d’un tel mouvement ?
La pêche ne se porte pas si mal.
Le nombre de carte vendue progresse en eau douce, depuis 2007 (les années précédentes c’était la chute libre).
En mer de nombreuses personnes s’intéressent aujourd’hui cette activité, surtout la traque du bar aux leurres.
Les coques plastiques dérivent comme jamais, et les rayon s des magasins de pêche sont parés de mille et une couleurs.
Les associations écologistes travaillent d’arrache pied, de nouvelles lois ont vues le jour pour « préserver » le milieu qui nous entourent.
Les militants halieutiques se sont regroupés afin de mettre en avant leur vision de la gestion piscicole.
Pour couronner le tout, le citoyen landa a pris conscience qu’il n’était pas tout seul (enfin presque), et qu’il y a avait de la vie autour de lui et qu’elle était menacée.
Malgré ce constat apparemment positif, la situation actuelle et prochaine n’est pas si rose.
Le monde marin s’appauvrit et se meure chaque jour un peu plus.
Les voyants sont au rouge pour de nombreuses espèces.
Les quotas ne sont qu’une illusion.
De multiples failles permettent de continuer le pillage.
L’appât du gain,n’a d’égal que la fourberie de ceux qui s’en délectent.
La pêche professionnelle comme la pêche amateur y participe, la revente illégale de poisson sous le manteau gangrène les côtes.
A cette soif sans fin de prélèvement, des phénomènes tout aussi inquiétants sont exposés au grand jour.
Des milliers, des millions d’hectares de biotope souillés depuis des décennies rendent le poisson impropre à la consommation.
Et là, c’est le motus et bouche cousue qui est la ligne directrice.
La santé publique serait-elle encore une fois mise au second plan.
Le repos biologique des espèces est ignoré (mis à part quelques exceptions).
D’ailleurs, c’est le moment que choisissent certains armateurs peu scrupuleux pour effectuer des coups de filet sonnants et trébuchants.
Les méthodes de pêches de plus en plus high-tech et peu sélectives coupent la branche sur laquelle le métier de pêcheur est assis.
Les mailles et les quotas sont insuffisants, qui plus est les tailles moyennes de captures (indicateurs de la bonne santé d’une population) perdent de leur superbe.
En eau douce, la situation n’est guère plus brillante.
Les pouvoirs publics n’ont d’yeux que pour la pêche professionnelle, sur le domaine public tant qu’à faire, des biefs gérés par la pêche amateur, on aura tout vu.
Quand on sait qu’un poisson capturé de manière sportive rapporte bien plus à la collectivité qu’un tas d’écailles au fond d’un filet, on a du mal à saisir la logique économique qui les anime.
Comme pour nos estuaires (berceau de la vie en mer), nos rivières, fleuves et pièces d’eau sont contaminés.
L’affaire des PCB, n’est qu’une partie du problème.
Les plus grands secteurs en no-kill français, sont le fait d’arrêté préfectoraux interdisant la consommation de poisson, leur chaire étant devenu cancérigène pour celui qui s’en sustente (le comble de cette histoire, c’est que ces interdictions vont permettre le développement du no-kill).
Imaginez donc, le nombre de substances toxiques utilisées qui s’écoulent de toutes parts (des villes et des champs), et qui ne sont pas encore détectables, ni quantifiables.
Il y a de quoi attraper la chaire de poule, avant les crabes.

En plus des intoxications diverses et variées, certaines espèces endémiques (nous pensons en particulier aux salmonidés) sont polluées génétiquement par le déversement de congénères venues de terres lointaines, ne possédant pas du tout les mêmes caractéristiques et n’étant pas adaptées au milieu dans lequel elles vont devoir vivre.
Ce que l’évolution a façonné pendant des millénaires, nous hommo-débilus, allons le réduire à néant en une fraction de secondes.
Des pans entiers de l’histoire animale s’effondrent.
Nous ne pouvons parler de truite sans répudier le fait de déverser par milliers de tonnes des « truites saumonées » aux quatre coins du pays.
Elles coûtent des sommes qui font tourner la tête et ne règlent en rien les problèmes d’insuffisances de la ressource.
Elles sont justes utilisées pour préserver le nombre de cartes de pêche vendues, et l’appétit insatiable du pêchou, les jours d’ouverture.
La justification de ce type de méthode tiendrait dans le fait que pendant que ces poissons sont capturés, les autres, les « sauvages » sont épargnées.
Mais vu la kermesse que représente la période d’ouverture, elles n’ont pas grand-chose à craindre pourtant.
Pendant ce temps, l’augmentation des mailles (ainsi que la mise en place d’une maille maximale pour toutes les espèces), la limitation draconienne du nombre de captures, l’augmentation des zones de no-kill total, le repos biologique pour tous les carnassiers, la restauration des milieux, l’alevinage uniquement avec des géniteurs de souches autochtones sont encore des phénomènes marginaux et locaux.
Que dire de l’éducation des plus jeunes et novices à la remise à l’eau.
Et oui, il faut bien relâcher les captures illégales, plus si affinités, et correctement tant qu’à faire.
Ensuite si l’on commence à se pencher sur la réglementation, là, on se retrouve face une complexité telle que cela rebute plus d’un débutant.
Les aberrations font aussi parties du paysage.
Pour les droits de pêche, le protectionnisme abusif et la jalousie morcellent le réseau hydrographique et malgré des efforts et de nombreuses initiatives, il faut s’appeler Crézus, si l’on veut voyager un peu.
Mais il existe encore bien des obstacles, et c’est le cas de le dire, au bon développement annuel de la ressource.
La gestion de l’eau est bien souvent catastrophique en pleine période de reproduction.
Les zones humides se réduisent à peau de chagrin, les ouvrages en tout genre le long de nos rivières et fleuves sont comme une véritable ligne Maginot pour les migrateurs comme pour les sédentaires.
Cette longue litanie n’est pas bien entendu exhaustive.
Le F.IS.H. n’a pas la prétention de régler tous ces problèmes d’un coup de baguette magique ou de gueule.
Mais c’est pour ces raisons entre autres que nous passionnés de nature et de pêche avons décidé de nous bouger l’arrière train pour que la ressource devienne une priorité, que notre sport retrouve ses lettres de « noblesse » et sa popularité au milieu d’une nature abondante.
Le pays des droits de l’homme ne doit pas oublier qu’il a aussi des devoirs envers tous ces êtres vivants qui l’accompagnent sur le chemin de l’évolution.
F.I.S.H.
Je me limite, je milite.
